Il faut dire la vérité sur la situation de l’école publique
13 500 postes d’enseignants en cette rentrée, 16 000 l’année prochaine ! Des dizaines de milliers d’EVS
licenciés fin juin. Des réductions massives d’horaires, des disciplines et des filières fermées ou menacées, le socle commun des connaissances, sorte de RMI « culturel », à la place des
programmes scolaires, des élèves à la porte des établissements faute de places, voilà quelques traits de la situation générale de l’école en cette rentrée.
La vérité, c’est qu’il s’agit de l’aboutissement d’un vaste programme de démantèlement de l’école publique qui remonte à plus de vingt ans, auquel tous les
gouvernements sans exception, de droite comme de gauche, ont apporté leur contribution.
La vérité, c’est que ces réformes et ces suppressions de postes sont dictées par les besoins du capitalisme en
crise:
Qui détruit l’industrie, délocalise les productions, disloque les services
publics et démolit le code du travail. Les capitalistes ne veulent plus d’une main d’œuvre qualifiée payée trop cher. Déqualifier la jeunesse, abaisser la valeur de la force de travail, voilà
l’objectif de ces réformes. Et pour ça, il leur faut briser le statut des enseignants car le statut de fonctionnaire d’Etat protège leur indépendance et leurs conditions de travail, garantit la
neutralité et la qualité de leur enseignement.
La vérité, c’est que l’Union européenne impose ces réformes:
Parce qu’elle veut en finir avec une « formation initiale » qui devrait faire place à une « formation
tout au long de la vie » avec une alternance sans fin de CDD, de stages, de petits boulots, de chômage… C’est ainsi que l’Union européenne impose le « socle commun des
connaissances », sorte de RMI culturel destiné à vider les programmes scolaires de leur contenu.
Voilà l’origine des réformes qui se succèdent depuis des années, disloquant un à un tous les niveaux de l’enseignement public :
Réforme LRU d’autonomie des universités, mastérisation du recrutement des enseignants, réforme des lycées professionnels, réforme des lycées, loi de 2005 sur le handicap, décrets Darcos dans le
primaire, EPEP, jardins d’éveil contre l’école maternelle…
Au cours de ces dernières années, les enseignants se sont pourtant mobilisés
Secteur par secteur, souvent massivement, dans des mouvements parfois longs. Ils ont pu, ici ou là, obtenir des reculs partiels, mais, comme les travailleurs
confrontés aux plans de licenciements, ils ont, la plupart du temps, perdu l’essentiel : une partie de leur statut, les postes, et ils ont vu leurs conditions de travail sérieusement
dégradées. C’est l’édifice de l’école publique, de haut en bas, qui menace de s’écrouler.
Comment cela est-il possible ? Comment en sommes-nous arrivés là ?
De nombreux militants aujourd’hui s’interrogent. Sans confondre dirigeants et militants, le POI soumet à tous les
questions qui suivent.
Dans les municipalités qu’ils dirigent comme à Lille, à Brest ou à Angers, les dirigeants du Parti socialiste protestent contre les réformes Darcos d’un côté. Mais de l’autre, ils s’engouffrent dans le « débat » sur les rythmes scolaires, et tentent d’imposer l’école le mercredi matin, avec l’intervention de la collectivité locale dans l’école les autres jours. Est-ce en facilitant ainsi la mise en œuvre des décrets Darcos à l’école primaire, que les dirigeants du PS vont aider à la réalisation de l’unité contre ces mêmes décrets ?
Au lendemain du 7 octobre se pose évidemment la question de l’efficacité des journées d’action à répétition ou des grèves saute-mouton. Mais se posent aussi d’autres
questions.
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Au mois de juillet dernier, on vu les dirigeants nationaux de la FSU refuser de voter contre les
décrets instituant la mastérisation des recrutements, contrairement au vœu de nombreux syndicats et instances de la FSU qui leur demandaient de voter contre. Pourtant au mois de septembre, ces
mêmes dirigeants nationaux de la FSU ont, avec le SNES notamment, demandé le retrait d’une circulaire du ministre qui s’apprête, en application des décrets sur la mastérisation, à envoyer
50 000 étudiants servir de remplaçants dans les écoles, collèges et lycées. Cette voie, qui met en avant les revendications définies dans les syndicats, approuvées dans les
AG, n’est-elle pas la seule voie possible pour que se réalise l’unité ?
N’est pas justement ce que réclamaient les enseignants des écoles dans les AG l’an dernier quand ils s’adressaient aux dirigeants nationaux des syndicats pour leur demander de faire l’unité pour le retrait des décrets Darcos ? Est-ce cette voie qu’ont empruntée les dirigeants qui ont approuvé les décrets ou qui, sans les approuver, accompagnent aujourd’hui leur mise en œuvre à l’école primaire en aidant à la mise en place de l’aide personnalisée ?
Comment avancer ? Comment résoudre ces difficultés et réaliser l’unité ?
Le POI s’adresse aux enseignants, aux parents d’élèves, aux travailleurs, aux militants ouvriers, à tous ceux qui se revendiquent de l’école publique. Les contre réformes conduites par les gouvernements successifs ont mis l’école dans une situation dramatique. C’est le sort de toute la jeunesse qui est en jeu. La sauvegarde et le rétablissement de l’école publique exigent que se réalise l’unité à tous les niveaux sur les vraies revendications. Il y a urgence !
C’est pourquoi
le POI propose de se rassembler pour dire :
« Les deux millions de citoyens qui viennent de montrer qu’ils étaient prêts à combattre pour défendre le service public de
la Poste, ne renonceront pas à l’unité pour obtenir le retrait du projet de loi de privatisation de la Poste et le rétablissement du monopole postal. Les organisateurs de la votation qui
demandent au gouvernement Sarkozy d’organiser un vrai référendum, ne peuvent l’ignorer.
De la même façon, ni les enseignants, ni les parents d’élèves, ni les travailleurs ne peuvent renoncer à l’objectif de défendre et de rétablir l’école publique. Les dirigeants qui pensent pouvoir ignorer cette exigence, se trompent et nous trompent. Leurs propres militants le leur prouveront. Nous allons nous organiser et combattre pour réaliser l’unité à tous les niveaux, dans le respect des prérogatives des organisations syndicales : il n’y a pas d’autre solution pour les enseignants menacés dans leurs conditions de travail, il n’y a pas d’autre solution pour sauver l’école publique.
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